Mon premier marathon: pourquoi plus jamais je ne dirai « plus jamais »

Un marathon, c’est beaucoup d’émotions. Surtout quand c’est le premier. Une préparation intense, quelques sacrifices, une course ponctuée de « mais POURQUOI je m’inflige ça ? », et surtout, une joie et une fierté immense à l’arrivée. Petite caricature (réaliste) de la manière dont j’ai vécu cette nouvelle aventure…

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20h. C’est samedi soir, veille du grand jour. Des amis me proposent d’aller manger un gros burger (bio !) dans ma brasserie préférée. Alors bien sûr, je sais qu’il ne faut pas, que ce n’est pas raisonnable. Mais je l’envisage. Et puis je tente le Google de la dernière chance : « alimentation la veille du marathon ». J’ai déjà fait cette recherche 4 fois au cours des 2 derniers mois, mais qui sait, peut-être qu’une nouvelle étude scientifique est sortie entre temps. Vous savez, une de ces fameuses études qui montre que boire la graisse de cuisson du barbecue en croquant les charbons serait en fait bon pour la santé… Je pense à demander « sans sauce ni fromage », avec double ration de tomates et en remplaçant les frites par du riz. Réalisant que mon burger-frites dégoulinant s’est finalement transformé en tomate farcie rabougrie, je reste chez moi, je mets l’eau à bouillir et je me tais.

Après demain c’est sûr, plus jamais je ne laisserai un seul grain de riz m’approcher à moins d’un mètre.

6h. Ça fait bien longtemps que je ne me suis pas levée si tôt un dimanche. Si encore c’était pour un bon brunch… Non, là c’est pour des pâtes. Et entre mes yeux collés, mon application à boire 10 litres d’eau, et le stress d’arriver à accrocher mon dossard avec ces 4 p****** d’épingles à nourrice, j’en ai oublié de chronométrer la cuisson.

Plus jamais je ne me lèverai à 6h un dimanche pour manger des pâtes trop cuites.

8h. Le torse bombé et le dossard bien en évidence pour frimer dans la rue, je me mets en route, prête à en découdre … Le pays tout entier comp … mais que vois-je ? Panique sur les quais du métro ! Logique en même temps : 40 000 coureurs dirigés vers la même ligne de départ… Donc résumons : se lever pour aller souffrir, payer pour ça, mais cerise sur le gâteau, il faut maintenant faire la queue pour en profiter…

C’est décidé, plus jamais je ne m’entasserai à ce point-là dans le métro si ce n’est pas pour aller bosser.

9h30. Le départ. A partir de maintenant, mon cerveau se reprogramme. Le temps qui passe ne se compte plus en minutes mais en kilomètres.

10ème km. Foulée légère, regard vaillant, je me dis que « c’est pas si dur en fait »…

20ème km. Il fait vraiment chaud. J’envie tous ces parisiens qui se dorent la pilule sur les quais et profitent de ce qui sera LA SEULE journée du mois d’avril à 25°C sur la capitale. Alors oui, je serai peut-être un peu plus affûtée sur la plage cet été, mais avec une jolie marque de brassière anti-sexy à souhait !

Plus jamais je ne souffrirai 4h pour finir avec une combinaison intégrale pour l’été.

25ème km. Ça y est, je commence à avoir mal un peu partout. Les petites lumières rouges de mon corps s’allument une à une. Ça me fait penser à ce jeu quand j’étais petite : Docteur Maboule. Puis je me revois à cette soirée pendant laquelle je me suis inscrite à ce marathon. Après 2 pintes et les 36 « allezzz ça va être marrant » des copains, ça m’avait semblé une bonne idée pourtant.

On ne m’y reprendra plus : plus jamais je ne prendrai de décision sportive en soirée.

30ème km. Les premiers « mais qu’est-ce que j’fous là ? » commencent à raisonner dans mon cerveau, seule partie de mon corps à laquelle je n’ai pas de crampe. Le fameux « mur des 30km » existe bien. Je ne veux rien lâcher, mais je me demande sérieusement si j’arriverai avant le journal de 20h ce soir…

Plus jamais je ne risquerai de louper la mèche rebelle de Laurent Delahousse à cause d’une course.

35ème km. Je ne sais plus vraiment depuis combien de temps je serre les dents. Je repense maintenant aux conseils de mes collègues qui m’ont rabâché l’importance des pensées positives même dans les moments difficiles. Pourtant je râle intérieurement contre cette pâte de fruit trop dure à mâcher, ces boissons énergisantes qui collent à mes chaussures et ce type qui avait BESOIN de traverser la route juste devant moi.

Plus jamais je ne … Non. Plus jamais. Point final. Niet. Basta. Et puis je n’arrive plus à réfléchir à une phrase construite de toute façon.

40ème km. Je me rends compte que depuis 25 bornes, je faisais mes petits calculs en arrondissant à 40 le nombre de km à parcourir… Et là, je réalise… Il en reste en fait 2 !! Merci l’ingénieure… Et à l’allure où je vais maintenant, je suis clairement plus proche du quart d’heure rando-touriste que des 10 minutes de gazelle.

Plus jamais je ne dirai qu’un marathon fait 40 km.

42ème km. Plus que quelques mètres. Je fais semblant d’avoir l’air frais sur la photo finish, même si je sais que je ne tromperai personne, pas même mon chat. Et puis, enfin, la délivrance.

Je suis tellement fière d’avoir franchi cette ligne d’arrivée que j’en ai la larme à l’œil. La douleur ne compte plus. Je pense à mes amis qui m’ont accompagnée au départ très tôt, sont venus sur le bord de la route m’encourager et qui m’encouragent depuis des mois. Aux ressources incroyables que l’on arrive à trouver avec l’adrénaline et l’ambiance folle d’un tel événement. A la vague de bonheur que peuvent procurer des limites repoussées, des doutes dépassés et de nouveaux challenges relevés. Moi qui courais à peine 20 minutes il y a quelques années…

Tout ça en valait la peine.

Plus jamais je ne dirai « plus jamais ».

D’ailleurs, demain, je serai déjà réinscrite pour l’an prochain…

Une amie, qui a bien mieux géré la photo finish que moi 🙂

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Peu importe la distance ou l’objectif, participer à une course est une expérience que l’on n’oublie pas. Que ce soit pour l’ambiance sur le parcours, l’adrénaline de l’événement ou la fierté personnelle, chacun(e) y trouve son bonheur.

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4 Commentaires sur “Mon premier marathon: pourquoi plus jamais je ne dirai « plus jamais »

  1. Martine says:

    Très drôle … ça me fait tellement pensé à des collègues qui se préparent régulièrement pour des courses de folie. Je suis admirative devant tant de volonté

    • Hélène says:

      Merci Audrey ! Cette année, j’ai pu apprendre de mes erreurs et moins râler intérieurement sur ma course haha ! J’ai même levé la tête pour voir la Tour Eiffel (je regardais tellement mes pieds l’an dernier que je l’avais loupée 😉 )

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