Le décrochage sportif des jeunes filles ne se résume pas à une question de motivation ou de disponibilité. Il est souvent profond, silencieux, ancré dans une pression que peu osent nommer : le regard porté sur le corps des femmes et des filles dans le sport.
Ce n’est pas un phénomène marginal. Les statistiques le confirment : près d’une adolescente sur deux renonce à la pratique sportive parce qu’elle ne se sent pas à l’aise avec les tenues imposées ou le regard qu’elles suscitent.
Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Le corps féminin sous pression dans le sport
De nombreuses études montrent que les femmes sportives, à tous les niveaux, vivent des pressions corporelles spécifiques liées à leur activité.
Des recherches démontrent que, dans des sports où l’apparence corporelle est fortement valorisée, les athlètes féminines présentent des niveaux plus élevés d’insatisfaction corporelle que leurs homologues masculins ou que les femmes dans d’autres disciplines.
Dans certains sports jugés “de silhouette” (comme la course, la gymnastique ou la natation), cette pression sur l’apparence s’ajoute aux exigences de performance physique.
Une étude NCAA révèle que seulement 45 % des athlètes féminines se déclarent satisfaites de leur corps, contre 68 % chez les hommes.
Même à haut niveau, des athlètes emblématiques ont exprimé ces difficultés : Serena Williams, malgré ses incroyables performances, a parlé publiquement des insécurités liées à son corps à l’adolescence.
Quand les normes sociales se mêlent aux normes sportives
La pression ne vient pas seulement du sport lui-même, mais aussi de la société et des médias.
Les représentations sociales du “corps idéal” , souvent mince, élancé et conforme à des standards esthétiques, influencent toutes les femmes, et encore plus celles impliquées dans un univers compétitif ou visible.
Une étude sociolinguistique montre que la manière dont on parle du corps féminin dans le sport est profondément marquée par des normes culturelles : le corps devient un objet, une représentation sociale, plus qu’un outil de performance.
Ainsi, le regard externe, celui des coachs, des pairs, des médias, influe sur la manière dont une sportive perçoit son corps, parfois bien plus que les résultats qu’elle obtient.
"Quand les athlètes ne répondent pas aux stéréotypes féminins ou qu'elles sont trop musclées, comme les boxeuses ou les rugbywomen par exemple, il va y avoir une sanction médiatique. Nous les apercevons très peu en photo ou dans les médias", Sandy Montanola (maître de conférences en sciences de l'information et de la communication) .
Des corps jugés avant même la performance
La pression du regard opère à plusieurs niveaux :
• Dans les pratiques sportives elles-mêmes
Certaines sportives partagent un dilemme :
« On attend de moi d’être forte, mais aussi d’être féminine. »
Elles ressentent parfois qu’elles doivent choisir entre un corps qui performe ou un corps qui “correspond à l’image socialement acceptée”.
• Dans l’accès aux sponsors
Des championnes comme Charlotte Lembach (vice-championne olympique en sabre féminin par équipes) ou Mélina Robert-Michon (vice-championne olympique aux Jeux de Rio, en 2016, et vingt fois championne de France) ont expliqué que des critères esthétiques influençaient parfois l’accès aux sponsors, même davantage que le palmarès.
"Il faut d'abord que la sportive gagne et montre qu'elle est performante. Après, il est encore mieux pour elle de correspondre aux canons de beauté" Béatrice Barbusse (, sociologue et vice-présidente de la fédération française de handball ).
• Dans les interactions quotidiennes
Des enquêtes montrent que de nombreuses femmes sportives ont déjà entendu des remarques sexistes, allant jusqu’à les faire douter de leur place dans le sport.
"Lorsque j'étais jeune, j'étais assez forte et j'avais un corps 'atypique'. Le plus dur a été d'entendre les critiques venant des compères : 't'es trop grosse', 'regarde tes cuisses'", Charlotte Lembach
Des tenues imposées, dont l'objectif est la "féminisation" des athlètes
La pression sur le corps des athlètes ne se limite pas aux regards ou commentaires posés sur leur physique mais se retrouve également dans les tenues qui leur sont imposées. Des tenues qui font partie entière du processus de sexualisation des sportives.
Beaucoup de sportives osent aujourd'hui prendre la parole au sujet de leurs tenues qu'elles jugent parfois trop courtes ou trop échancrées.
"Nous avons toutes des corps différents. Le but est que chacune se sente bien dans ses vêtements, dans son maillot. Et pas, à l'inverse, créer des complexes." Alison Pineau (handballeuse française).
Mais quelles sont les raisons avancées pour une telle sexualisation des corps ? On en revient toujours au même : attirer les sponsors et les partenaires.
La pression corporelle commence tôt. Et persiste.
Ce n’est pas qu’un problème d’adulte ou d’élite.
La pression du regard se manifeste dès l’adolescence, soit à l’âge où le corps change rapidement, et où la comparaison sociale est intense.
Cela influence :
- la façon dont une jeune fille choisit ses tenues sportives
- sa confiance pendant les entraînements
- son aptitude à prendre du plaisir dans l’effort
- sa continuité dans la pratique
Si une sportive passe plus de temps à surveiller son apparence qu’à se concentrer sur son geste, cela affecte inévitablement sa relation au sport.
Pourquoi ce sujet est aussi important pour Gayaskin
Chez Gayaskin, nous pensons que la pratique sportive ne devrait jamais être conditionnée par la peur du regard des autres.
Un vêtement de sport n’est pas une carte d’identité.
Ce n’est pas une manière de dire comment on doit être.
C’est un outil pour bouger, avec confort, sécurité et confiance.
Tous nos produits sont conçus dans cet esprit :
- des brassières de sport avec maintien adapté qui respectent le corps en mouvement.
- des leggings couvrants et rassurants qui permettent de se concentrer sur l’effort, pas sur l’apparence
- des hauts qui ne dictent rien à personne, juste un confort en mouvement
Et parce que les obstacles ne sont pas que corporels, mais aussi économiques, nous avons créé le dispositif Libre de Bouger pour adolescentes et étudiantes qui facilite l’accès à ces vêtements pour celles qui en ont besoin.
Ce n’est pas une opération marketing ponctuelle : c’est un engagement pour que le sport soit pensé avec le corps, pas contre lui.
Des exemples inspirants face à la pression du regard
La question du corps dans le sport touche même les championnes les plus célèbres.
À l’adolescence, Serena Williams a parlé des difficultés liées à son corps, et à la manière dont il était perçu, malgré son niveau d’exception.
D’autres athlètes à l’avant-scène du sport mondial confient régulièrement que la pression médiatique ou sociale autour de leurs corps est une dimension lourde à porter, parfois plus pesante que la compétition elle-même.
Le sport ne devrait pas être un lieu où l’on apprend à cacher, taire ou juger son corps.
Le sport devrait être un lieu où l’on apprend à écouter, respecter et fêter ce que notre corps peut faire.

Plus qu’un regard, une culture à changer
La pression du regard sur le corps féminin dans le sport n’est pas une question individuelle.
C’est une question culturelle.
Elle s’exprime dans le vestiaire, sur les tenues, dans les discours, dans les médias.
Elle influence les pratiques, les motivations, les continuations, dès l’adolescence et tout au long de la vie.
Changer cela, ce n’est pas nier le plaisir de se sentir bien dans son corps.
C’est élargir ce que “bien” signifie.
C’est célébrer les femmes pour ce qu’elles accomplissent, et non pour comment elles apparaissent.
Parce que chaque femme mérite de bouger librement.
Et chaque jeune fille mérite de continuer à aimer le sport.














































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