Quand le corps devient un obstacle plutôt qu’un outil
Qu’il s’agisse d’une adolescente au lycée ou d’une femme adulte qui court le dimanche, beaucoup vivent la pratique sportive comme un défi physique mais aussi psychologique.
Et ce n’est pas une impression : les études montrent que les femmes sportives, à tous les niveaux, ressentent une pression importante liée à l’image du corps.
Elle provient à la fois de la société, des médias, des codes esthétiques mais aussi de l’environnement sportif lui-même.

Un problème avéré : insatisfaction corporelle et norme sociale
Une étude récente sur des athlètes féminines de 17 à 20 ans a révélé que près de 33 % des participantes étaient à risque de troubles alimentaires, avec une insatisfaction corporelle significativement plus élevée que chez leurs homologues masculins — indépendamment du sport pratiqué.
Et ce n’est pas isolé. Une large étude menée auprès de plus de 23 000 étudiantes sportives montre que :
- seulement 45 % des femmes interrogées estimaient avoir une bonne image de leur corps, contre 68 % des hommes ;
-
les sportives étaient plus susceptibles de percevoir leur poids comme problématique et de vouloir le changer.*
Ces chiffres montrent que même dans un contexte où le corps est un outil, le sport, il est considéré comme un critère esthétique social avant d’être fonctionnel.
Le regard social et médiatique : une pression continue
Dans l’espace public, le corps des sportives est souvent valorisé non pas pour ses performances ou sa force, mais pour son attrait visuel.
Des disciplines comme la gymnastique, le beach-volley ou la natation sont souvent perçues comme hypersexualisées dans l’opinion publique, même lorsqu’il s’agit d’athlètes de haut niveau qui s’entraînent des heures chaque jour. (voir cet article édifiant "Corps de femmes, regards d’hommes.Enquête sur le sex-appeal des athlètes olympiques)
Cette sexualisation médiatique peut sembler anodine, mais elle renforce l’idée que le corps féminin doit être vu, et pas seulement utilisé.
Une pression précoce : dès l’adolescence
La pression du regard ne naît pas à l’âge adulte ou pour les sportives de haut niveau. Plusieurs études sur l’impact de l’environnement sportif sur les jeunes montrent que les athlètes féminines en sports esthétiques (gym, danse, natation synchronisée…) présentent une influence bien plus forte des normes corporelles sur leurs comportements alimentaires et leur image de soi. *
C’est précisément dans ces années charnières que se construisent bien plus que des performances : une relation souvent fragile avec le corps.
Body image et bien-être : au-delà du sport
Cette pression constante n’est pas sans conséquence.
Une autre étude a montré que plus de 70 % des femmes interrogées ont vécu des commentaires négatifs sur leur poids ou leur corps pendant leur pratique sportive, ce qui est fortement associé à une honte corporelle plus marquée, de la culpabilité et même des signes de détresse psychologique à l’âge adulte.
"Lorsque j'étais jeune, j'étais assez forte et j'avais un corps 'atypique'. Le plus dur a été d'entendre les critiques venant des compères : 't'es trop grosse', 'regarde tes cuisses'". Mes surnoms étaient 'gros jambon' ou 'cuisses de poulet'. Je suis souvent rentrée chez moi en pleurs."Charlotte Lembach, vice-championne olympique en sabre féminin par équipes.
Cette pression n’est donc pas seulement une question d’esthétique.
Elle touche à la confiance, à l’identité et à la santé mentale.
Exemples inspirants : quand les sportives déconstruisent les normes
Heureusement, des femmes dans le sport luttent contre ces pressions.
Dans le tennis, Loïs Boisson est souvent citée comme un modèle de réussite récente qui bouscule les représentations culturelles du corps dans le sport féminin, montrant que la performance et la diversité corporelle peuvent coexister.
Plus largement, des athlètes comme Laviai Nielsen ou Emma Pooley ont parlé publiquement des pressions liées à l’image corporelle et à la santé mentale, soulignant combien il est crucial de repenser notre rapport au corps dans le sport.
Pourquoi cette pression existe encore aujourd’hui
Les normes sportives ont été historiquement définies selon les standards du corps masculin, façonnant des attentes parfois inadaptées à la physiologie féminine.
Cela se traduit par :
-
des tenues qui exposent plutôt que soutiennent ;
-
des normes de performance basées sur d’autres corps que les corps féminins ;
-
un discours médiatique davantage axé sur l’apparence que sur la performance ;
-
un manque de modèles diversifiés suffisamment visibles.
Cette pression n’est donc ni “imaginaire” ni “exagérée”. Elle est structurelle, et elle pèse sur la pratique sportive des femmes dès le plus jeune âge.
Repenser le sport pour toutes
Changer la façon dont nous parlons du corps dans le sport ne se fera pas uniquement en supprimant des normes superficielles.
Cela demande :
-
de valoriser le corps pour ce qu’il fait, pas uniquement pour ce qu’il montre ;
-
de promouvoir des tenues pensées pour accompagner le mouvement: confortables, rassurantes et non sexualisées ;
-
de décentrer l’attention du regard extérieur vers la performance, le plaisir et le bien-être.
C’est précisément cette conviction qui nous anime chez Gayaskin : que le sport soit un espace d’émancipation et de liberté, pas un foyer de pression esthétique.
Agir concrètement
➡️ Pour aider les jeunes filles à continuer à pratiquer malgré la pression du regard, ce qui commence par une tenue dans laquelle elles se sentent vraiment à l’aise. On en parle plus en détail dans notre article “Tenues imposées dans le sport : 49% des adolescentes décrochent à cause de vêtements imposés”.
➡️ Pour celles qui veulent un maintien adapté, voyez notre sélection de brassières de sport confortables et rassurantes (lien vers catégorie brassières).
➡️ Et pour toutes les adolescentes, le dispositif Libre de Bouger continue de soutenir les adolescentes et étudiantes en leur donnant accès à des vêtements techniques et pensés pour accompagner le mouvement, pas pour attirer le regard.

En finir avec la pression pour revenir à l’expérience du mouvement
Le sport doit d’abord être une rencontre avec son corps : une expérience de plaisir, de progrès et de gestion de soi.
Juger le corps au lieu d’explorer ce qu’il peut faire est une violence silencieuse, mais qui peut être déconstruite.
Changer le regard sur le corps des femmes dans le sport, c’est rendre possible à davantage d’entre nous de continuer à bouger plus librement et durablement.
Rien à prouver. Juste bouger















































Laisser un commentaire
Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés.
Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.